vendredi 6 novembre 2009

KAL's Cartoon frappe encore!


KAL's Cartoon, les caricatures du magazine The Economist, est toujours excellent mais je dois avouer que la toute dernière est vraiment très bonne. Regardez moi ces regards, surtout celui de Mugabe; on sent immédiatement tout le calcul qui est en jeu. C'est un peu comme de faire un club d'escrocs ou de menteurs, difficile de faire confiance aux autres membres...
Sur un autre sujet, Ahmadinejad a vraiment et complètement l'air d'un abruti, mou et totalement satisfait de sa personne (despote éclairé ou autiste léger?). Ça n'était pas complètement essentiel mais c'est toujours plaisant de faire un pied de nez à un dictateur. Enfin, on le voit très bien tomber dans le piège de Mugabe, ce qui n'est pas le cas de Karzaï, qui semble beaucoup plus méfiant face à la proposition du Zimbabwéen.

jeudi 5 novembre 2009

Règle #1: respecter la priorité


Je sais qu'une polarisation est en train de se créer entre cyclistes et automobilistes. Je sais que ces deux groupes se détestent de plus en plus et je ne sais pas exactement ce que ça va prendre pour que ces deux groupes puissent s'entendre sur nos routes de plus en plus bondées. Par contre, je sais une chose: si tout le monde respectait la règle de la priorité, on aurait moins de mort sur nos routes et on serait moins en train de se crier les uns après les autres.

Si j'en parle, c'est que justement il semble que nous ayons un grave problème de ce côté (et je ne cible pas ici un type de véhicule en particulier). D'un côté, on voit régulièrement des bicyclettes traverser au feu rouge, tout en coupant les voitures qui allaient passer sur la lumière verte. De l'autre, on ne compte plus le nombre d'automobilistes qui coupent un cycliste, sans même une arrière pensée à propos des conséquences possibles de cet acte.

Autrement dit, le vice du cycliste est de croire qu'aucune règle ne s'applique à lui, alors que celui de l'automobiliste est de prendre pour acquis que la route est faite pour les voitures, les bicyclettes n'étant que des nuisances au milieu de leur monde.

Ces deux positions sont quasi irréconciliables et jusqu'à temps que le Québec (particulièrement la Capitale Nationale) soit mieux doté de pistes cyclables, ces deux solitudes ne se rejoindront certainement jamais.

À défaut d'obtenir un résultat parfait (que tout le monde s'aime, se respecte et obéisse aux règles...), ne pourrait-on au moins trouver un terrain d'entente? Mon idée est qu'il serait bien possible d'éviter une bonne partie de ces problèmes en respectant la règle de base qu'est celle de la priorité.

Autrement dit, je trouve qu'il est très bien de vouloir faire preuve de courtoisie mais je crois qu'il est beaucoup plus important de respecter la priorité. Par exemple: le premier arrivé à un stop devrait passer avant le second, on ne fait pas de queue de poisson à un véhicule (quel qu'il soit) qui occupe déjà une voie, on respecte le droit de traverser des piétons (lorsqu'ils ont la priorité), etc. Je ne demande pas d'angélisme, non, je défend simplement l'idée qu'on peut trouver enrageant que quelqu'un ne suive pas le code de la route mais que ça devient vraiment enrageant quand on se le fait faire en plein visage et que la dite action nous oblige à changer notre conduite, alors même qu'on a la priorité!

Je prend ici des exemples négatifs mais je suis tout autant contre l'idée de dévier de l'idée de priorité dans un but de courtoisie... Évidemment que la courtoisie est agréable mais dans un cas de priorité routière, une courtoisie déplacée peut causer un accident. Car en déviant trop de la règle établie, on risque de créer un flou dans lequel plus personne ne sait quand y aller et poussant même certains à croire qu'il est normal que les autres les laissent passer par "courtoisie". Créant possiblement ainsi encore plus de colère et/ou d'accidents.

Par exemple, il m'est récemment (et à plusieurs reprises) arrivé de me faire laisser passer par des automobiles (je suis principalement un cycliste) à des intersections et cela, alors même que c'étaient eux qui avaient la priorité! J'apprécie évidemment le geste, c'est en effet très courtois de leur part mais c'est parfois dangereux. Qu'une automobile me donne "artificiellement" la priorité ne veut pas dire que les autres véhicules impliqués le feront nécessairement et je n'ai pas l'intention de me jeter devant eux pour le vérifier...

Ce matin même, une situation semblable m'est arrivée: je suis arrivé à une intersection, délimitée par un Arrêt, une voiture (dans la voie perpendiculaire à la mienne) était arrivée avant moi et avait ainsi clairement la priorité. Je décide donc de m'arrêter complètement à l'Arrêt afin de respecter sa priorité. La chauffeuse semble cependant attendre (et je fais de même), elle se fâche donc et se met à me klaxonner (pas contente que je n'ai pas apprécié sa courtoisie). Je lui indique donc mon Arrêt et elle se met finalement à avancer mais s'arrête au milieu de l'intersection afin que l'on puisse parler. La pauvre femme (qui n'était pas bien méchante) m'exprime son incompréhension: elle ne sait plus ce qu'elle doit faire avec les bicyclettes, les laisser passer ou non? Je lui répond simplement qu'elle avait la priorité et qu'elle devait passer en premier, c'est tout...

Pourrait-on faire un aussi simple effort? Il me semble que ça donnerait un sacré coup de main afin de faire diminuer la rage, l'aggressivité et les accidents de la route.

mercredi 4 novembre 2009

Annette


Annette, un pièce présentée au Périscope jusqu'au 7 novembre.

Voulez-vous voir une pièce de théâtre inventive, bien pensée, bien rendue et touchante? Oui? Et bien n'attendez plus, car Annette n'est plus pour longtemps sur les planches du Périscope.

Histoire simple et extraordinaire d'une jeune fille et de sa vie à Limoilou, Annette nous est présentée avec plus d'un brin de folie, une imagination débordante, un texte riche et beaucoup de coeur. Je vous le dis et le répète: ne manquez pas cette pièce! Anne-Marie Olivier est un vrai trésor, il faut retenir son nom.

La dette fait mal au Québec

Portrait de la dette du gouvernement du Québec: 128 milliards de dette nette et c'est sans compter notre part de la dette fédérale.

Je ne vous étonnerai certainement pas en vous disant que le Québec a un grave problème au niveau de ses finances publiques. On en parle depuis des années et semblerait-il, on n'a toujours pas fait le tour du sujet ou du moins, on n'a certainement pas réglé le problème. Évidemment, la province a atteint l'équilibre budgétaire en 98 et le continue de le faire depuis. Enfin, pas vraiment puisque la dette augmente tout de même mais disons qu'on peut habituellement parler d'un équilibre comptable. Le problème est qu'avec la crise économique actuelle, toute tentative d'équilibre budgétaire devient absolument impensable.

Nous allons donc tout droit vers un précipice car, si le Québec a encore les moyens de payer cette dette très lourde (la faillite ne nous guettant pas du jour au lendemain), les intérêts que nous avons à débourser nous empêchent de développer adéquatement notre économie. Selon Michel Girard de la Presse, les intérêts sur la dette totale du Québec (Provinciale et fédérale) coûtent maintenant à la province 12 milliards de dollars par année!

Car si le gouvernement du Québec a une dette nette de 128 milliards, il ne faut pas oublier que la province paye aussi, indirectement, sa part de la dette canadienne. Ce qui monte à près de 122 milliards supplémentaires. On combine tout ça ensemble et ça nous donne un beau gros 250 milliards de dollars de dette (85% du PIB) et 12 milliards d'intérêts sur la dette (environ 7 milliards pour le Québec et un autre 5 pour le fédéral).

Évidemment, le Québec a les "moyens" de payer ces montants, année après année mais imaginez ce que le Québec pourrait faire avec ces montants si nous arrivions à nous débarrasser de la dette. 12 milliards, ça représente à peu près la grosseur de notre ministère de l'éducation... Pensez aux universités, au système de santé, aux infrastructures, qu'on pourrait se payer si cette dette ne nous étranglait pas.

Enfin, comme je vous l'ait dit, ce n'est rien de bien nouveau mais c'est une raison de plus d'envisager des hausses du coût de l'électricité. Hydro Québec pourrait nous donner un sérieux coup de main pour nous en sortir. Surtout qu'avec une population vieillissante, on ne peut pas s'attendre à ce que nos problèmes se règlent d'eux-mêmes.

lundi 2 novembre 2009

Montréal ou la décadence d'une métropole bananière

La chose est maintenant confirmée; le Maire Tremblay a été réélu. Que faut-il comprendre? Que les Montréalais sont absolument débiles ou simplement qu'ils se foutent complètement de leur avenir collectif?

D'accord, je sais que mon sous-titre risque d'en choquer quelques uns (une autre preuve d'anti-montréalisme de la part d'un énième frustré de la Capitale Nationale?) mais je vous en prie, pensez-y bien, qu'est-ce qui est la plus grande insulte: A. moi qui traite les Montréalais de débile ou encore B. les Montréalais eux-mêmes qui réélisent (pour un troisième mandat!!!) le maire le plus incompétent (et possiblement corrompu) que la ville ait connu durant les dernières décennies?

Non mais sérieusement, qu'est-ce qui se passe dans vos têtes? Est-ce qu'un seul Montréalais n'était pas au courant des multiples scandales? Est-ce qu'un seul Montréalais est à l'aise avec le fait que ses taxes foncières aillent directement dans les poches de quelques italiens graisseux? Qu'est-ce que ça prenait de plus? Qu'on prenne Tremblay, Zampino et Accurso en train de faire un "trip à trois" dans un môtel de Longueuil?

Évidemment, on me dira que se sont les circonstances qui auront permises à Tremblay de se faufiler entre Harel et Bergeron. Que dans le fond, la majorité des électeurs ont voté contre Tremblay. Et que dans ce sens, ils ne sont pas dupes. Vrai! Vrai que le deux-tiers des gens qui ont votés l'ont fait contre Tremblay. Ceux-là n'ont donc rien à se reprocher... Cependant, voyons voir quel pourcentage de la population a réellement voté CONTRE Tremblay. Le taux de participation ayant été extrêmement faible (entre 32 et 39%), se ne sont donc que les deux-tiers d'une trentaine de pourcents qui se seront opposés au Maire Tremblay. Autrement dit, environ 75% de la population montréalaise a préféré voter pour Tremblay ou encore ne pas changer les choses (abstention) plutôt que d'amener un changement qui était ABSOLUMENT nécessaire! Les Montréalais avait, hier, un rendez-vous avec l'histoire et ils ont prouvé hors de tout doute qu'ils n'étaient pas à la hauteur de l'événement. Récompenser la corruption (peu importe la responsabilité personnelle du Maire, son équipe est coupable et cela, hors de tout doute), c'est vraiment pitoyable.

Je ne mâcherai donc pas mes mots: Honte à Montréal! Cette ville qui se targue d'être une métropole mondiale et surtout un grande ville de création, nous prouve avant tout qu'elle n'a aucune colonne vertébrale et que la seule réputation qui l'a suivra est celle d'une ville incapable de se réaliser et corrompue! The Economist, Le Monde, ainsi que MacLean's titrent tous que Montréal est devenu une ville de pègre. Quelle est la réponse des Montréalais? Réélire celui qui a présidé à l'échec de la ville? On croirait rêver...

Ai-je besoin de rappeler à qui que se soit que ce qui vient de se passer n'est, ni-plus, ni-moins, qu'une confirmation d'une tendance présente dans notre métropole depuis quelques années: Montréal avait soutenu le Parti Libéral Canadien (corrompu lui aussi) après le scandale des commandites et ont récidivés avec la réélection du Maire Tremblay hier. Les Montréalais semblent donc préférer soutenir la corruption et l'inefficacité plutôt que de 1. se lever pour aller voter ou de 2. faire un compromis (même temporaire) envers une idéologie différente.

Je trouve que, de manière bien indirecte, la meilleure analyse de la situation a été exprimée par le président d'élection de la ville de Québec, Sylvain Ouellet, qui donnait son point de vue sur le taux de participation dans la vieille capitale (50%, pour une élection jouée d'avance...): «Même s'il n'y avait pas une course aussi serrée qu'à Montréal, on voit que les gens de Québec ont de la fierté et de l'intérêt pour leur ville». J'aimerais pouvoir en dire autant à propos de Montréal...

Que faire maintenant? La ville était quasiment ingouvernable lors des dernières années et je ne m'attends pas à ce que la taupe Tremblay réussisse à changer les choses. On peut toujours rêver mais c'est rarement lors d'un troisième mandat qu'un politicien se met à faire des choses. On parle aussi de mettre la ville sous tutelle, je ne connais pas toutes les conséquences d'une telle décision mais c'est définitivement une option à envisager. Ça en est pathétique mais on dirait bien qu'il faudra que le gouvernement provincial mette le mauvais élève dans le coin et lui demande de rester en retenue. De retour à l'école primaire.

C'est tout de même drôle qu'on essaye d'enseigner la responsabilité démocratique en Afghanistan, alors qu'on pourrait justement le faire à Montréal... L'on parlait, lors des dernières années, d'un mystère Québec mais on peut maintenant confirmer que s'il y a un mystère dans notre belle province, c'est bien celui de Montréal; Montréal, grande métropole bananière...

jeudi 22 octobre 2009

La boxe: un sport maudit?


Depuis le début de l'été:
-Alexis Arguello, ancien multiple champion du monde, est retrouvé mort le premier juillet, la police nicaraguayenne hésite entre le suicide et le meurtre.
-Arturo Gatti (n'a pas besoin de présentation) est retrouvé mort le 11 juillet, la police brésilienne conclut au suicide.
-Vernon Forest, multiple champion du monde, se fait assassiné en pleine rue. Cet homme, un philantrope reconnu pour ses bonnes oeuvres, avait simplement refusé de donner son argent à un voleur.
-Darren Sutherland, médaillé Olympique et grand espoir de la boxe professionnelle irlandaise, se suicide le 14 septembre.

Et ceci n'est qu'un échantillon des malheurs qui s'abattent perpetuellement sur le monde de la boxe. À ce point on pourrait se demander: est-ce une malédiction?

Il n'y a aucun doute que le monde de la boxe est dans un univers bien à part lorsqu'il s’agit des destins tragiques. On n'a pas à chercher bien loin pour dégoter des histoires horribles; le suicide du jeune Sutherland étant le dernier m'ayant particulièrement frappé. Qu'est-ce qui pouvait bien le pousser à vouloir mettre fin à sa vie, lui qui semblait avoir un avenir brillant?

Si je ne peux évidemment pas connaître les situations particulières et personnelles de chacun des individus cités dans votre article, je me demande toute fois les raisons générales qui poussent ces athlètes exceptionnels à attirer autant le malheur (disons, à attirer nettement plus le malheur qu’un joueur de golf ou de tennis)...

Sans être sociologue (et encore moins psychologue), j'aimerais toute fois proposer quatre pistes de réponse. Je pense que certains facteurs influencent particulièrement la tragédie qu'est la boxe, les voici: pauvreté/manque d'éducation, milieu interlope, recherche du risque et commotions cérébrales. J’essaierai donc de vous présenter chacun des facteurs et en quoi ils me semblent pertinents face au problème des morts tragiques dans le milieu de la boxe.

La boxe, issue de la pauvreté
1. Le premier facteur de la "malédiction" de la boxe, est le milieu duquel les boxeurs proviennent, ainsi que leur niveau d'éducation. Ceci ne s'applique peut-être pas au Québec mais est clairement le cas aux États-Unis ou en Europe. On peut dire qu'en général, pour vouloir gagner sa vie avec ses poings, il ne faut vraiment pas avoir d'autres options valables (ou du moins, pas d'option plus facile). Dans cette logique on peut comprendre pourquoi un gars qui sort pratiquement de la rue en viendra plus facilement à faire de la boxe que, disons, le fils de Bill Gates... Les boxeurs viennent donc, en général, de milieux plus défavorisés (Tyson, Mayweather, Frazier, Judah, Liston, Pacquiao, Hopkins, Marquez et la liste s'étend à l'infini) et c'est ce qui les pousse à vouloir se rendre jusqu'en haut; se faire une nouvelle vie grâce à leur volonté et à leurs poings... Une fois cela précisé, on peut rapidement faire l'association avec les problèmes sociaux associés aux milieux défavorisés: drogue, violence, etc. Je ne veux évidemment pas dire que "nécessairement" les gens de milieux défavorisés sont plus prompts à ces comportements mais simplement que statistiquement, il y a plus de chance pour eux que ça aille dans ce sens. Augmentant ainsi les chances d’une fin tragique.

Boxe, sport interlope

2. Le deuxième facteur est celui du milieu interlope. Encore une fois, je crois que ça ne sera une surprise pour personne que la boxe n’est pas le milieu le plus propre qui soit… Les « Don King » de ce monde sont des rapaces crapuleux et vivre près d’eux ne peut que raccourcir votre durée de vie. D’accord, j’exagère un peu et j’espère bien que le milieu de la boxe québécoise est nettement plus propre. Mais on ne peut réfuter le fait que la pègre a toujours eu une place prépondérante dans le monde du pugilat et que, c’est une évidence, il y a plus de chance d’avoir une fin tragique lorsqu’on vit près du crime organisé (c’est pour ça qu’on retrouve des Hells ou des Bandidos dans le fleuve et non pas le comptable ou le fonctionnaire moyen…). Autrement dit, lorsqu’un boxeur se fait tirer dessus, on peut se demander si ce ne sont pas ses contacts ou associations "professionnels" qui se retournent contre lui ou du moins, lui jouent un mauvais tour…

Le caractère

3. Le troisième facteur est celui du caractère bien particulier des boxeurs. En effet, les boxeurs professionnels sont des athlètes hors normes. Pourquoi cela? En dehors du fait que le boxeur se doit d’être dans une forme impeccable, être surentraîné, etc. Ce qui le différencie des autres athlètes se trouve dans la tête. Ils sont différents simplement parce que leur sport les pousse à prendre des décisions radicalement différentes de celles prisent par les autres êtres humains… Je m’explique: un boxeur se doit de ne pas écouter une partie de son instinct de survie et de ne pas prendre en compte ses besoins naturels de préservation personnelle. Un boxeur doit faire fi de sa santé/sécurité physique puisque son sport, justement, l’oblige à se mettre dans des situations de violence insoutenable. Si un boxeur s’en fait trop pour sa sécurité personnelle, il finira par abandonner. Nous n’avons qu’à penser au dernier duel Ortiz vs Maidana. Ortiz était plus talentueux à tous les niveaux mais une fois un certain niveau de douleur atteint, il a voulu se protéger et a donc abandonné. Contrairement à ça, Maidana se fouttait complètement de sa situations personnelle, il voulait gagner, un point c’est tout! Résultat : Maidana à gagné et Ortiz ne sait plus où sa carrière le mène.
Victor Ortiz (à gauche), après avoir
abandonné contre Maidana

Le problème avec cette caractéristique unique propre aux boxeurs, c’est qu’ils prennent plus de risque, dans leur vie personnelle que la plupart des gens. C’est leur manque de conscience du danger qui aura amené la mort de gens tels que Vernon Forrest ou encore Diego Corrales (accident de moto, alcool au volant...).

Les commotions cérébrales
4. Le quatrième et dernier facteur est celui des commotions cérébrales. Bon, ce n’est un secret pour personne que les commotions cérébrales et la boxe sont comme la pluie et le fait d’être mouillé, l’un va presque automatiquement avec l’autre. Le problème c’est que les commotions cérébrales ont d’importants effets sur ceux qui les ont subies et cela, bien des années après que l’accident ait eu lieu. De récentes études prouvent que des commotions cérébrales répétées tendent à affecter le comportement, créer de l’instabilité émotive et émotionnelle et finalement, peuvent même être liées à la dépression. Autrement dit, plus on reçoit de coups à la tête, plus on a de chance d’avoir une commotion cérébrale et plus on a de commotion cérébrale, plus on a de chance, après coup, d’avoir des problèmes psychologiques. Cet été, Alexis Arguello et Arturo Gatti étaient dépressifs au point de mettre fin à leurs vies. Peut-on vraiment affirmer que leur situation physique n’a eu aucun effet sur leur décision? Difficile à nier.

Bon, voilà, j’ai terminé. Je n’ai pas pu y penser en profondeur mais je crois bien que ces quatre éléments (pauvreté/manque d'éducation, milieu interlope, recherche du risque et commotions cérébrales) sont tous responsables de la "malédiction" de la boxe. Oui, on ne parle pas du "mauvais œil" mais biens de raisons sociologiques, psychologiques et physiologiques.

En tout cas, ce n’est pas ça qui nous empêchera d’aimer ce sport exceptionnel, ni aux boxeurs de vouloir continuer à persévérer dans ce sport dangereux. Par contre, il serait à espérer qu’éventuellement, on réussisse à contrebalancer certains de ces facteurs pernicieux, par exemple: des arbitres prenant mieux en compte la santé des boxeurs, des tests de santé plus rigoureux, séparer définitivement le monde de la boxe de celui de la pègre, etc.

jeudi 15 octobre 2009

Deadgirl: 5/10


C'est souvent une caractéristique des films d'horreur qu'ils ne sont pas complètement accomplis. Ce que je veux dire par là, c'est que ce type de film arrive souvent à soulever des thèmes intéressants et peuvent même parfois jeter des regards intrigants sur la condition humaine mais que leur production n'est pas toujours prise avec tout le sérieux nécessaire, laissant ainsi une grande partie du potentiel sur la glace.


J'ai l'impression que dans de nombreux cas, c'est ce qu'on pourrait appeler "la trappe de l'adolescence"; étant donné qu'un film est un investissement, qu'il doit donc vendre et que le public cible est adolescent, les producteurs du film se limitent souvent sur la portée de la création. On retombe ainsi régulièrement dans des clichés faciles: sang, sexe, phrases toutes faites et personnages stéréotypés...


C'est une tendance que je trouve déplorable et tout particulièrement quand je tombe sur un film qui "aurait pu". C'est le cas de la récente production Deadgirl. Un film hautement troublant, nous mettant dans une situation réellement inédite mais tombant malheureusement trop rapidement dans un carcan répétitif et excessivement ado... Dommage, car si on se trouve très rapidement intrigué par le sujet en question, la lente descente vers la médiocre normalité en est non moins inexorable.

Lemming: 5/10


Je n'avais jamais vu de film de Dominik Moll, on m'avait pourtant conseillé ce réalisateur... Ce réalisateur venant de... Demandons à IMDB et le résultat est... L'Allemagne? Un Allemand? (Allemand? Pourquoi fait-il tous ses films en français? Ahhhh, franco-allemand, voilà qui explique tout, merci wikipédia! Bon, je crois avoir assez digressé, revenons à nos moutons). Donc, on m'avait recommandé ce réalisateur franco-allemand, entre autre pour sa grande habilité à développer des thrillers on ne peut plus tordus. J'ai donc été tenté par Lemming, qui est son plus récent film (2005).

J'aimerais vous parler de l'histoire du film mais... Je ne sais pas trop comment le faire sans trop révéler ou encore sans trop vous perdre (peut-être ai-je un problème avec les "trop"). C'est que cette histoire est vraiment tordue. Ahhh, tant pis, on restera dans les généralités pour cette fois-ci. Disons simplement que c'est l'histoire de deux couples, un jeune et très heureux et un autre, moins jeune et définitivement moins enchanté par leur vie commune. Ces deux couples, étant donné les relations professionnels des deux maris, en viennent à entrée en contact. Et là... Et là! Et bien, disons que c'est là que des faits inexplicables se produisent et que la vie de ces couples est complètement chamboulée (suicide et meurtre sont au menu).

Autrement dit (oui, c'est vrai que ça aurait été mieux si ça avait été dit autrement mais bon, c'est toujours moi qui écrit), le début du film est prenant, intéressant, intrigant mais le tout ne mène pas à un résultat très, très (très... Vous voyez où je veux en venir? Bon, maintenant on dirait que j'ai un problème avec les "très"). Enfin, je ne veux pas dire que le film est mauvais mais simplement qu'on en arrive à rien de particulièrement exceptionnel, certains passages nous donnant directement une sensation de déjà vu. Tout ça pour dire que ça vaut le dérangement mais que ça frustre tout de même un peu, car on sent le potentiel inexploité. Un peu plus ou un peu moins de quelque chose (un quelque chose qui me serait bien difficile de préciser) et ça aurait vraiment pu...

En tout cas, voilà ce que j'avais à dire sur le sujet. Oh, oui! Il y avait aussi un lien à faire avec les lemmings (vous savez, ces petits hamsters scandinaves suicidaires) mais il est plutôt difficile de savoir ce qu'on était sensé comprendre. Lien un peu vaporeux, à l'image de l'ensemble du film...

Defiance: 4/10


Defiance, un film d'Edward Zwick portant sur la deuxième guerre mondiale et mettant en scène Daniel Craig (le nouveau James Bond) est la nouvelle déception de l'heure. Pourquoi? Parce que cet énième film du genre ne sort pas des ornières bien tracées par le style et glorifie, de manière prévisible, les héros purs et parfaits que ce récit nous présente.

De quoi ça parle? De l'invasion allemande de l'Europe de l'Est et plus précisément, du combat pour la survie des juifs de biélorussie. Le tout se concentrant particulièrement autour de trois frères qui sauvent (oui! oui! à eux seuls) leur communauté de l'hécatombe Nazie.

Je vous ai déjà dit que je n'ai pas été particulièrement transporté par ce film (le jeu médiocre des acteurs n'étant pas d'une grande aide), je vous ai aussi dit que ce film n'apporte pas grand chose de nouveau mais ça n'est pas un bien grand crime, 90% des films de guerre jouent justement sur les mêmes stéréotypes. Donc, quoi dire de plus?

Peut-être simplement que ce qui fait le plus de mal à ce film, c'est justement son réalisateur.

Je m'explique: j'écoutais le film et malgré l'indubitable qualité visuelle du film, je ne pouvais m'empêcher de trouver le tout vraiment artificiel, particulièrement lorsque Craig se met à faire un discours (sur un cheval et devant une foule, s'il-vous-plaît) emprunté et à la limite du pathétique. À ce moment, je me suis dit que je n'avais pas entendu un aussi mauvais discours, depuis, depuis... Depuis la harangue finale complètement ridicule du pauvre petit noir de service dans le Diamant de Sang. Et c'est à ce moment là que j'ai tout compris, Zwick est justement le réalisateur du Diamant de Sang, ainsi que du Dernier Samouraï... Zwick est donc fidèle à son style: choix de sujet intéressant, beau travail visuel mais tellement mauvais pour tout le reste (particulièrement pour les discours miévreux).

Pas affreux mais tout de même à éviter, car n'apportant rien de nouveau ou de particulièrement valable.

Zombieland: 2,5/10


Des critiques de cinéma vous disent qu'un film est bon; surtout ne jamais les croire, ni ne prendre leur point de vue en considération! Comme vous pouvez vous en douter, c'est exactement le cas du film dont je veux vous parler: Zombieland.

En fait, est-ce que je veux réellement vous en parler? Hum... Peut-être pas après tout. Sinon pour dire que cette supposée comédie n'est pas drôle (non, vraiment pas très drôle), que l'histoire est plutôt sans intérêt, le jeu d'acteur moyen et le placement de produit (GROS marketing) absolument exagéré.

Donc, à éviter (même pour les amateurs du genre).

jeudi 8 octobre 2009

Meilleur clip de tout les temps!

Oui, je viens de me faire montrer le meilleur clip de tout les temps! Bon, calmons-nous, ça n'est peut-être pas le meilleur clip de tout les temps mais disons que c'est tout de même franchement original et tout ça avec une simplicité incroyable. Ça n'a rien dû leur coûter mais ils en ont fait un clip exceptionnel.

À regarder, encore et encore: Hibi no neiro du groupe japonais Sour.

vendredi 2 octobre 2009

Marois: populisme de bas étage

Il fallait bien que Marois en rajoute, oui, elle ne pouvait pas se la fermer, elle ne pouvait pas faire un ajout constructif, non, il fallait qu'elle y aille d'une boutade populiste frisant la démagogie.

Ce ne sera pas la première fois que madame Marois aura fait preuve de populisme mais de démagogie... Est-ce que j'exagère?

Démagogie: La démagogie est une attitude politique et rhétorique visant à essayer de dominer le peuple en s'assurant ses faveurs et en feignant de soutenir ses intérêts. Les propos démagogiques sont proférés dans le but d'obtenir le soutien d'un groupe en flattant les passions et en exacerbant les frustrations et les préjugés populaires. Pour cela, le démagogue utilise des discours délibérément simplistes, sans nuances, dénaturant la vérité et faisant preuve d'une complaisance excessive. Il fait ainsi appel à la facilité, voire à la paresse intellectuelle, en proposant des analyses et des solutions qui semblent évidentes et immédiates. Il ne fait pas appel à la raison et il n'y a pas de recherche de l'intérêt général.

Et oui, c'est exactement ce qu'est en train de faire madame Marois. Mais... Il est vrai que je n'ai pas encore expliqué de quoi je parlais et qu'il vous est un peu difficile d'accepter mes accusations de démagogies sans que je vous dise exactement ce que je reproche à la chef du PQ.

Ce que je reproche à cette dame, c'est qu'elle vient d'attaquer le plan d'augmenter les tarifs d'électricité (ce qui n'est pas un crime en soit, si elle avait de bons arguments...) et elle l'a fait en utilisant les habituels arguments démagogiques et populistes du bord. Précisons, ÇA c'est grave, parce que la démagogie n'est jamais positive dans un débat public mais aussi parce que ce débat bien particulier est central pour l'avenir du Québec. Il est donc absolument inacceptable que la chef d'un parti sérieux (pas l'ADQ sans chef ou encore Québec Solidaire) tombe dans les ornières de la malhonnêteté intellectuelle.


En gros, madame Marois a tout récemment affirmé qu'il était inacceptable que le gouvernement augmente les tarifs de l'électricité, du moins pas d'ici 2016 (attendre 7 ans et pourquoi pas le double?):
«Les Québécois ont investi beaucoup dans le développement d'une entreprise majeure, une grande entreprise nationale, Hydro-Québec. Il faut qu'ils en aient certains avantages (...) Il y a beaucoup d'autres avenues à utiliser par le gouvernement avant d'aller toucher au bloc patrimonial.»

Les autres solutions étant... Surprise, surprise: réclamer plus d'argent d'Ottawa «avant de piger dans les poches des Québécois»!!! Il me semble qu'on l'avait déjà entendu celle-là.

Tout cela peut vous sembler faire beaucoup de sens mais il faut reconnaître une escroquerie pour ce qu'elle est. Madame Marois nous induit en erreur en affirmant une telle chose et pour trois raisons: premièrement parce que les deux sujets (1.hausse des tarifs d'électricité et 2.montants dûs par Ottawa) n'ont simplement rien à voir l'un avec l'autre, deuxièmement parce que de toute manière il est essentiel pour notre prospérité nationale d'augmenter les tarifs d'électricité et finalement elle simplifie outrageusement en impliquant que la seule manière pour les québécois de profiter d'Hydro-Québec, est de garder des tarifs d'électricité en bas des prix du marché (ce qui est évidemment faux).

Le pire dans tout ça, c'est qu'elle sait évidemment qu'elle nous ment, ce qui fait de son discours de la plus pure démagogie, puisqu'elle essaye d'utiliser la méfiance populaire envers toute forme de taxation («piger dans les poches des québécois»), afin de bloquer le plan du gouvernement et envenimer les relations provinciales-fédérales. Elle sait que sa position est indéfendable, puisque ce que Charest est en train de faire, autant de gens au PQ l'ont réclamés qu'au PLQ. Lucien Bouchard, Jean-François Lisée, Joseph Facal, François Legault et bien d'autres (tous des poids lourds du parti) ont demandés et depuis des années, qu'Hydro-Québec s'ajuste aux prix du marché. De plus, la très grande majorité des économistes qui en ont parlé sur la scène publique, lors des dernières semaines, sont en accord avec le gouvernement. Finalement, même la nouvelle recrue vedette du PQ, l'économiste Nicolas Marceau, est d'accord avec le gouvernement. Autrement dit, ça n'est pas une question d'être à gauche ou à droite, c'est une question de compréhension économique et de rentabilisation de notre trésor national, au plus grand intérêt de tous les Québécois!

Autrement dit, soit madame Marois est trop bête pour comprendre la problématique (ce que je ne saurais croire) ou bien soit elle comprend très bien mais essaye de profiter de la situation pour nuire au gouvernement (ce qui me semble extrêmement plausible).


Dans le cas le plus plausible, son attitude est vraiment déprimante car ce sujet n'en est pas un pour la petite politique et encore moins pour la politique malhonnête. À moins qu'elle ne change de propos rapidement, madame Marois nous aura prouvé qu'elle préfère faire passer ses petits intérêts avant ceux des Québécois. Déprimant car je m'attendais à plus de sa part...

jeudi 1 octobre 2009

Tyson: 6/10


Mike Tyson n'a certainement pas besoin de présentation, l'ancien baddest man on the planet est connu, de tous, pour tout ce qu'il accompli: détruire ses adversaires de manière spectaculaire et devenir le plus jeune champion poids lourd de l'histoire mais surtout pour tout ce qu'il a fait de mal: violence conjugale, agressions, bris de la loi, viol, mordre l'oreille d'un de ses adversaires, drogues, etc. C'est donc un personnage dont on croit avoir fait le tour; on en parle depuis 20 ans, sa carrière est terminée et sa retraite était dans le meilleur intérêt de tous, le cirque ne pouvant se perpétuer éternellement... D'accord, tout cela n'est pas faux mais alors, pourquoi le réalisateur James Toback (un réalisateur hollywoodien de seconde envergure) a-t-il décidé de faire un film sur le "vieux" Mike Tyson? La réponse est que Toback croyait pouvoir présenter Tyson sous un autre angle. Du déjà vu? Peut-être pas...

Le documentaire Tyson (2008) est d'une simplicité et d'une efficacité étonnante. Cette somme d'entrevue avec Mike Tyson, qui parle de ses différentes difficultés personnelles, ses grands moments, son enfance, ses faiblesses, est un portrait assez nuancé d'un individu que l'on a toujours présenté à gros traits. Je ne sais pas si tous pourront être attirés par le sujet du documentaire mais toute personne ayant légèrement entendu parler de l'individu devrait y trouver son compte. Morale de l'histoire: on aime créer et détruire nos icônes publiques (et Tyson en était certainement une) mais il existe toujours une personne, un être humain, derrière chaque image caricaturée. Je sais, du déjà vu mais le tout reste tout de même très intéressant.

mardi 29 septembre 2009

Tarifs: Charest courageux?


Serait-il vraiment possible que Jean Charest soit, pour la première fois de ses multiples années au pouvoir, finalement courageux? C'est encore trop tôt pour le confirmer mais il semblerait que ce bon vieux flanc mou de Charest est en train de "mettre ses culottes" à propos de la fameuse question des tarifs. D'accord, c'est vrai que je suis un peu rude dans ma pseudo-analyse mais il faut toute fois reconnaître que notre premier ministre n'a pas souvent pris le chemin difficile depuis qu'il est au pouvoir.

En fait, je pourrais même affirmer que depuis l'échec retentissant de sa tentative de "réingénérie de l'État", Jean est devenu quasiment allergique à toute motion allant à l'encontre des lubies bien temporelles de la majorité des électeurs.

Suis-je injuste? Peut-être, après tout, il a vraiment fait face à une lame de fond dévastatrice lors de son premier mandat et son mandat minoritaire ne lui a pas vraiment permis de prendre des positions controversées. Cependant et c'est on ne peut plus clair, il n'a maintenant plus aucune excuse: ou bien il laisse maintenant sa trace (de manière positive ou marquante) ou bien il restera dans les analles politiques québécoises comme un des politiciens les plus mous de l'histoire moderne de notre nation...

Bon, cessons ce lynchage en règle, après tout le but de cet article était avant tout de féliciter monsieur Charest et non pas de le couvrir de boue (ou pire). Oui, je veux féliciter monsieur Charest pour trois raisons principales: premièrement pour son projet de hausse des tarifs, deuxièmement pour les tarifs qu'il ne fera pas augmenter et troisièmement pour la manière plutôt rusée dont il a présenté ce plan sur la scène publique.

Pourquoi est-ce que je défend cette idée de hausse des tarifs? Pour plus d'une raison mais principalement parce que l'on n'a pas le choix de faire face à la réalité. Nos finances publiques sont dans un état pitoyable (la dette est gigantesque et l'avenir risque d'être encore plus sombre) et ce n'est pas à cause qu'on n'a pas essayé de faire diminuer les coûts. En dehors de la santé et de l'éducation (deux secteurs dans lesquels il est quasiment impossible de faire des coupures), le reste de la fonction publique ne respire plus depuis quinze ans (bon, peut-être dix). Autrement dit, la solution n'est pas de couper mais de choisir entre une diminution des services ou encore une augmentation des revenus.


Autrement dit, soit on accepte une bonne partie de notre filet social (inacceptable!) ou encore on augmente les revenus. Évidemment, il est toujours possible d'augmenter la taxe de vente (ce qui sera fait en 2010) ou encore les impôts mais ceux-ci sont déjà très élevés. D'un autre côté, on peut aussi pousser les québécois à finalement payer un prix réalistes pour les services qu'ils reçoivent (ce qui n'est pas le cas en ce moment).

La solution, inévitable même si impopulaire (et c'est ici que Jean Charest devient courageux), est d'augmenter les tarifs. Les possibilités sont multiples mais les principales seront d'augmenter les prix de l'électricité, des mettre des péages sur les autoroutes, de taxer la malbouffe et plus encore l'alcool, de hausser certains frais de scolarité, etc. Je ne veux pas avoir l'air sadique mais je dois m'avouer vraiment satisfait de la plupart de ces choix. Il est évident depuis des années que une hausse de la tarification d'Hydro-Québec était nécessaire. Une hausse des prix permettra une baisse de la consommation locale (ou "gaspillage" local), ce qui permettra de revendre le surplus à nos voisins régionaux. L'Alberta fait la palette à revendre son pétrole et bien nous on fera la palette à revendre notre électricité. Si vous avez des doutes sur la question, jetez un coup d'oeil sur cet article que j'ai écrit il y a deux ans, ça devrait vous éclairer. De plus, il est bon à préciser que 300 millions de dollars, du pactole créé les nouveaux revenus d'Hydro, devraient être redistribués aux populations les plus en difficultées. Autrement dit, ça ne sera pas un enrichissement de l'État qui se fera au dépens des plus pauvres.


Pour ce qui est des autres tarifs et bien ils sont, dans l'ensemble, très positifs. Mettre une taxe sur la malbouffe ne rapportera pas beaucoup d'argent mais permettra de dissuader un comportement nocif et en plus, a la justification évidente qu'il faut bien aider à payer les soins de santé qui sont causés par ces aliments. On paye d'importantes taxes sur les cigarette, ce qui aide à payer pour les cancers qui en découlent et bien même chose pour Pepsi et Coca-Cola...

Les péages sur les autoroutes découlent de la même logique: nos routes nous coûtent cher et l'excès d'utilisation des automobiles coûte cher à la planète. En mettant des péages, on aide à payer les routes et on permet aussi de diminuer l'utilisation des machines à essence. Avec un peu de chance, ça donnera un coup de pouce au transport en commun et ça permettra éventuellement d'avoir notre fameux TGV Québec-Windsor.

Par contre, je dois m'avouer septique face à l'augmentation des taxes sur l'alcool, ainsi que l'augmentation des frais de scolarité au CÉGEP. Je précise, je ne suis pas nécessairement contre mais j'ai peur que ça ne puisse être contreproductif. Premièrement, l'alcool est déjà fortement taxé, plus que dans la très grande majorité des pays dans le monde. De plus, on se rend compte que certains types d'alcool (le vin rouge, par exemple), peuvent avoir des effets positifs sur la santé. Voudrait-on vraiment dissuader un comportement positif pour la société? D'accord j'exagère un petit peu, après tout l'alcool est avant tout un loisir, le taxer un peu plus ne tuera personne.

Finalement, la situation des frais de scolarité est plus compliquée. Il est tout à fait vrai que les frais pour accéder au CÉGEP (125-150$ par session) sont quasiment dérisoires. Cependant, il faudrait faire attention de ne pas trop les augmenter, car le CÉGEP ne représente pas des études supérieures mais bien une continuité du secondaire et on ne devrait pas dissuader les jeunes d'y aller.

En gros, voilà ce que je pense du choix gouvernement en ce qui a trait à la hausse des tarifs mais il est tout aussi intéressant de voir où le gouvernement n'a pas décidé d'augmenter les tarifs...

Pourquoi est-il adéquat de ne pas faire augmenter certains tarifs? Parce que certains services représentent avant tout des investissements et qu'en ce sens, il ne faut absolument pas dissuader les gens d'avoir de tels comportements. Le meilleur exemple est la situation des garderies à 7$. Le fait d'avoir des enfants est une richesse (pour ne pas dire LA richesse) essentielle pour tout pays (ou province) et si on a récemment réussit à faire augmenter la natalité, il est toute fois beaucoup trop tôt pour arrêter nos efforts. Il est important d'encourager les gens à avoir des enfants et il est tout à fait normal d'aider à défrayer les coûts gigantesques qui y sont reliés. Les garderie à 7 dollars nous coûtent cher mais sont appréciés par les centaines de milliers de familles qui les utilisent, c'est donc le moins qu'on puisse faire afin de leur donner un coup de main dans leurs défis.

Autrement dit, bravo à Charest de taxer ce qui est contreproductif et non pas ce qui est productif.

En quoi a-t-il bien présenté ce plan sur la scène publique? Je crois que la manière dont il a laissé filtrer, peu à peu, l'information à propos de hausses de tarifs a été plutôt habile. En effet, au lieu de directement présenter ses intentions, il a laissé les Jeunes Libéraux ouvrir le sujet, puis certains intervenants ont dit ce qu'ils en pensaient, ce qui a permis aux médias d'en parler abondamment; tout cela sans que Charest n'ait à se mouiller directement (ça lui ressemble bien). Une fois la réaction de la population dûment jaugée (dans l'ensemble, ça rend la colère mais rien d'explosif), Charest a alors put se permettre de dire ouvertement qu'il fallait en effet passer par ce dur processus, que les tarifs seraient bel et bien augmentés mais... Mais! Évidemment la population sera consultée et aucune décision inconsidérée ne sera prise (ce que madame Marois contredit vertement). Je tends à donner raison à madame Marois, les experts ont déjà déterminé là où les augmentations auraient à couper mais contrairement à madame Marois, je suis tout à fait d'accord avec le gouvernement: on sait depuis longtemps où il faut taxer, ça n'est pas le moment de se faire bloquer par une vague d'incompréhension populaire.

Autrement dit, Charest a trouvé un moyen de faire tranquillement accepter ce constat à la population. Ça n'est pas exactement la manière idéale, j'aurais préféré une vraie discussion sur le sujet, de manière à faire comprendre aux Québécois le plein bien fondé de l'action mais bon, à défaut de pédagogie, au moins on aura le résultat. Si c'est le mieux que puisse faire Jean Charest (au niveau du courage personnel), au moins il nous l'aura donner avant la fin de son troisième mandat...

Tiens mon Jean, si tu réussis ton coup, je te donne un B+ (ou peut-être même un A- dépendamment des détails à venir). Si tu recules encore une fois, par contre...

lundi 14 septembre 2009

Est-ce la fin pour l'Afghanistan?


Afghanistan; guerre mal aimée depuis longtemps, j'ai toute fois toujours appuyé le grand effort que l'occident fait dans cette contrée éloignée et moyenâgeuse. Les événements des derniers jours me poussent toute fois à revoir mon point de vue.

Je ne vous apprendrai rien en vous disant que depuis le tout début, la guerre que l'OTAN mène en Afghanistan s'est mal orientée. Plusieurs accrocs sont responsables de la situation terrible dans laquelle l'Afghanistan est aujourd'hui; une victoire prise pour acquis, une trop grande attention vers l'Irak, trop peu d'effort mis à la reconstitution des institutions du pays et à la reconstruction bien concrète ou encore la couardise des européens, tous ces différents points ont rudement pesé dans la balance déterminant le succès ou l'échec de l'entreprise.

Cependant et c'est un point que je défend depuis le tout début de la guerre; cette guerre en valait toute de même les sacrifices impliqués. Raison principale: ça n'est pas parce que c'est difficile que ça ne vaut pas la peine de le faire! Toute personne qui pensait que ce serait une aventure aisée n'était qu'un idiot mais il est tout aussi vrai que toute personne qui prenait pour acquis que cette tâche était impossible était un couard.

L'Afghanistan n'était pas unique en son genre et l'occident a, plus d'une fois lors des dernières décennies, réussit à imposer la paix dans des pays chaotiques, tout cela en reconstruisant. Certains cas furent de francs succès et d'autres plus en demi-teinte (en plus de plusieurs échecs notables). Ce que ça prouvait, c'est que si on y mettait vraiment les efforts nécessaires, il était possible d'obtenir le succès escompté. Car si les difficultés abondaient, du moins la guerre était juste (justifiée par le 11/09 et entérinée par l'ONU) et le peuple voulait à tout prix s'en sortir...

Et c'est exactement pour cette même raison que je suis en train de perdre tout espoir pour cette guerre et pour la reconstruction (démocratisation, pacification, etc.) de l'Afghanistan: les Afghans et tout particulièrement les institutions de ce pays, ne semblent plus être dédiés au succès de l'opération. En effet, depuis la toute récente débâcle électorale, il devient clair que le plus grand intérêt de la nation ne semble plus être la première préoccupation du Président Karzaï. La fraude électorale massive est la preuve que le Président actuel met plus d'importance dans le maintient de son pouvoir absolu, que dans la salut de son pays.

Ai-je besoin de préciser que si les Afghans cessent de croire en leurs nouvelles institutions, rien de ce que pourra faire l'occident ne permettra de ressortir l'Afghanistan du gouffre? Si les Afghans ne sont pas les premiers à se battre contre l'obscurantisme Taliban et se mettent plutôt à pencher vers les mesquineries stupides du Président Karzaï, aucun plan de reconstruction ne pourra empêcher le chaos de revenir, là est l'effet destructeur de la corruption.

Voilà donc mon constat: je n'y crois plus, j'espère toujours que le bons sens reviendra finalement, qu'un leader éclairé et dédié reprendra les rennes des mains de Karzaï, que la population sera prête à faire un dernier effort contre les Talibans, que les occidentaux seront finalement prêts à y mettre toute la volonté nécessaire mais je dois me l'avouer, à ce point, ça devient plus un rêve doré qu'une possible réalité. Donc, espoir mais préparons-nous une porte de sortie, parce que cette juste cause n'est plus.
 
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