jeudi 25 juin 2009

Le château de Cagliostro: 4,5/10


Hayao Miyazaki est un réalisateur de génie, après tout, c'est lui qui a créé (pour notre plus grand bonheur) un univers contenant de petits joyaux tels que le château ambulant, Princesse Mononoke ou encore le voyage de Chihiro. Ses preuves ne sont donc plus à faire. Malheureusement, même les maîtres doivent passer par une phase d'apprentissage, qui est parfois un peu ingrate. C'est un peu sous cet angle que j'envisage le premier long métrage (1979) de Miyazaki: Le château de Cagliostro.

Le château de Cagliostro est l'histoire de Lupin (descendant, si j'ai bien compris, du célèbre Arsène Lupin). Autrement dit, c'est l'histoire d'un voleur se donnant des buts impossibles mais réussissant à chaque fois ses compliqués larcins. Tout cela, évidemment, devant être fait avec un charme incroyable... Comme vous pouvez le deviner, ce dessin animé se concentre sur la nouvelle lubie de Lupin: un obscure château d'un encore plus mystérieux pays européen.

Rien de si décevant dans l'histoire en tant que telle mais disons les choses clairement: les personnages sont vides et stéréotypés, l'histoire prévisible et peu originale... Peut-être un bon début mais pas de quoi s'émerveiller (ce qui est habituellement la marque de commerce du réalisateur japonais). À conseiller seulement aux mordus des mordus.

dimanche 21 juin 2009

Un nouveau départ pour Jean Pascal


Jean Pascal, un boxeur jeune et talentueux mais qui semblait stagner depuis quelques temps, vient de nous prouver et de manière éclatante, qu'il est capable de performer au plus haut niveau et que le meilleur se trouve encore devant lui.

Oui, c'est un nouveau départ que Jean Pascal vient de s'offrir avec sa victoire de vendredi dernier. En éclipsant le champion WBC des mi-lourds Adrian Diaconu lors de leur duel au Centre Bell, Pascal a prouvé qu'il était capable de mettre toutes les pièces ensembles et ne pas simplement se laisser aller sur la vague de son talent, s'écrasant contre le premier adversaire déterminé à lui répondre coup pour coup.

Non! Tout au contraire, Jean a fait un homme de lui et l'a prouvé à tout le Québec (pour ne pas dire au monde entier) vendredi soir. Il s'est battu contre un champion solide et déterminé et a clairement prouvé qu'il était le meilleur des deux. Son jeu de pieds et sa rapidité (en plus d'une offensive efficace et nourrie) ont sans-équivoque mis dans l'embarras le vaillant boxeur roumain.

Diaconu n'est pas un mauvais boxeur, loin de là mais il n'avait tout simplement pas de réponse face au Jean Pascal qu'il avait devant lui. Aucun doute pour moi qu'il aurait littéralement écrasé le Jean Pascal d'il y a un an mais ce boxeur là n'est plus le même qu'aujourd'hui.

Jean Pascal a donné, avec cette importante victoire par décision unanime, un deuxième souffle plus que nécessaire à sa carrière et peut maintenant aspirer à devenir un athlète reconnu sur l'ensemble du globe et pas seulement dans notre petite province.

De plus, il faut noter que Jean a aussi beaucoup amélioré un élément, cette fois en dehors du ring, qui faisait grand mal à sa carrière: son arrogance. En effet, il a été un parfait gentilhomme après le combat et c'est une preuve de confiance en soit que tous sauront apprécier. Pascal est devenu un homme devant nos yeux et c'est tant mieux, il aurait été bien dommage de le voir stagner dans son adolescence plus longtemps.

Bravo à Jean Pascal, le nouveau monarque WBC des mi-lourds et mention honorable à Adrian Diaconu, qui devra lui aussi se redécouvrir s'il espère un jour venger sa défaite contre le très doué Pascal.

vendredi 12 juin 2009

2ième anniversaire!


Mon blog a aujourd'hui (avec quelques jours de retard) deux ans et même si je suis moins actif récemment, laissez-moi vous dire que j'ai bien l'intention de continuer vers une autre solide année! Pour mon bon plaisir et je l'espère bien, le vôtre aussi...

mardi 9 juin 2009

A snake of june: 5/10


A snake of June, un film de Shinya Tsukamoto, est un thriller érotique d'un style on ne peut plus troublant et tordu. Choquant à l'occasion, j'avoue avoir été plutôt étonné par cette bizarre production mais après tout, étant donné le réalisateur du film et la culture insulaire nipponne, peut-être n'y a-t-il rien de spécial dans cette création. Après tout, les japonais nous paraissent (du moins à moi) comme étant parfois plus qu'un peu tordus; que cela soit avec leurs dessins animés érotico-pornographiques, leurs distributeurs de sous-vêtement féminins utilisés ou encore leurs fantasmes de jeunes écolières (je n'invente aucun de ces trois éléments), tout concorde pour nous les rendre exceptionnellement différents. Je le reprécise encore une fois: ce film ne fait pas exception.

A snake of June est l'histoire d'un couple esseulé, coincé et n'arrivant pas à se communiquer leurs besoins. Le mari compulse complètement à propos du nettoyage de leur maison, alors que la femme est complètement frustrée sexuellement, n'arrive pas à sortir de sa bulle et semble moyennement gratifiée par sont travail comme conseillère/gestion anti-suicide. Leur petit train-train est cependant réduit en pièce lorsqu'un des patients de la dame, se met en tête que c'est elle qui a plutôt besoin d'aide, créant une incroyable (et complètement tordue) machination afin de la faire sortir de son placard mental.

Bon côtés: aspect visuel bien travaillé, ambiance réussie (surtout le thème de l'eau, qui est très récurrent) et côté choquant poussé à souhait. Le tout nous fait penser à un cauchemar érotique plutôt épeurant.
Mauvais côtés: histoire prévisible, fantaisie parfois un peu réductrice et juvénile (bien que toujours aussi tordue) et jeu d'acteur peu satisfaisant (en fait, c'est peut-être seulement qu'on leur en demande trop peu).
Au total, ça en fait donc un résultat plutôt moyen, troublant et violent mais tout de même assez intéressant. Enfin, pas de quoi se taper toutes les réalisations de Tsukamoto.

lundi 8 juin 2009

Injustice contre David Chen


L'actualité est faite d'une somme de faits divers. La plupart sans grand intérêt (du moins pour moi), puisqu'ils ne sont que ça: des faits divers. Autrement dit, ils ne sont habituellement que des événements épars, sans grande signification et ne cherchant qu'à créer une émotion passagère chez le lecteur (ou l'auditeur, enfin disons le consommateur) de cette dîte nouvelle... Pas vrai, encore un meurtre, mon dieu que notre monde est devenu dangereux, ça doit être à cause des ***** (à remplacer par le terme raciste de votre choix). Ou encore: disparition d'un autre adolescent, le monde est tellement méchant au secondaire, les jeunes ont vraiment perdu le nord (genre de discours qui était déjà présent dans la bible, faut croire que c'est un trait commun de l'humanité de penser que la nouvelle génération est toujours pire)...

On pourrait faire une liste, qui déroulerait certainement à l'infini, de tels faits divers sensationnalistes et inutiles. Il y a cependant certains faits divers qui nous semblent plus importants que d'autres, saisissants notre imagination et semblant avoir une grande importance parce que représentative d'un grand malaise (ou autre problème) dans notre société. Le cas de David Chen est l'un de ceux-là. En voici l'essentiel.

David Chen est un sino-canadien vivant et travaillant à Toronto, où il possède un commerce dans le quartier chinois. Il est, dans l'ensemble, un bon citoyen et entrepreneur parmi tant d'autres. Le problème de Monsieur Chen et c'est pour ça que je parle de son cas aujourd'hui, c'est que son commerce est constamment la proie des voleurs de tout acabit. Il s'est d'ailleurs plaint, à ce sujet, plus d'une dizaine de fois à la police. Malheureusement pour lui, aucune action ne fut prise par les autorités et monsieur Chen continua à se faire dévaliser.

Voilà donc pourquoi le 23 mai, alors qu'un voleur essayait de voler à l'étalage pour la deuxième fois de la journée, monsieur Chen le poursuivit et réussit finalement à l'immobiliser, de manière à le remettre par la suite aux autorités.

C'est là que le bât blesse: au lieu de simplement arrêter le voleur, les autorités décidèrent aussi d'accuser monsieur Chen d'assaut, de kidnapping et autres accusations farfelues. Lui donnant ainsi en fait, des accusations beaucoup plus sérieuses que celles auxquelles le voleur aura à faire face.

Personnellement, je suis outré que notre système de justice soit défaillant à ce point! Qui devrait être protégé? Le criminel ou la victime? Je comprends bien qu'un citoyen n'a pas le droit de se faire justice par lui-même mais dans cette situation, monsieur Chen avait demandé que la police intervienne à plusieurs reprises mais sans que quelque mesure que ce soit ne soit prise. Que pouvait-il faire d'autre que d'intervenir directement? Préfererait-on laisser directement les voleurs vider les magasins sans que qui que se soit ne puisse intervenir? Aussi bien immédiatement fermer les portes de tout commerce...

Il est évident que monsieur Chen avait le droit de défendre sa propriété contre ce voleur et si un code de loi, en Ontario ou plus largement au Canada, dit le contraire et bien il doit alors être amendé afin de permettre à la justice de trancher du bon bord. Voilà pourquoi je vous encourage vivement à aller sur ce site, vous y trouverez des vidéos des faits, une description détaillée de la situation ainsi qu'une pétition à la défense de David Chen. Signez la pétition, c'est une bonne cause et facile à trancher: ou bien la police fait son travail, ou bien la police laisse la population s'assurer de sa propre protection mais la police ne peut pas blâmer la population de se défendre si les autorités n'ont pas, en premier lieu, pris leurs responsabilités afin d'assurer l'ordre public.

mardi 26 mai 2009

Adoration: 5,5/10


Atom Egoyan est un drôle d'oiseau, cela il nous l'avait déjà prouvé grâce à son intéressante filmographie mais il le confirme définitivement avec son tout dernier film: Adoration.

Cette fois et comme c'est son habitude, Egoyan touche le sujet de l'identité et des différences culturelles. Il le fait en présentant l'histoire d'un jeune garçon qui, dans le cadre de son cours de français, raconte une fiction troublante; l'histoire de ses parents décédés, qu'il accuse d'avoir été de soi-disants terroristes. Le tout prenant une tournure profonde et transformatrice que ni la professeur impliquée, ni l'entourage de l'élève et certainement encore moins l'élève lui-même, n'avait imaginée.

Comme à l'habitude, ce film est un pur Egoyan: confus, mal joué, peu crédible et des textes mal cadrés pour la bouche des personnages. Tout cela est vrai mais ça n'en fait pas un mauvais film car ce qui fait la colonne vertébrale de cette production, comme c'est le cas des autres films d'Egoyan, est la force et la diversité du débat d'idée. Honnêtement, je ne peux pas dire avoir tellement "aimé" ce film mais je crois tout de même qu'il m'a permis de saisir quelques concepts intéressants. À éviter si vous cherchez un divertissement rapide (ou un divertissement tout court).

dimanche 24 mai 2009

Funny Games: 1/10


Plus jamais Haneke!
Plus jamais Haneke!
Plus jamais Haneke!
Plus jamais Haneke!
Plus jamais Haneke!
Plus jamais Haneke!
Plus jamais Haneke!
Plus jamais Haneke!
Plus jamais Haneke!
Plus jamais Haneke!

Kitikmeot: 5/10


Kitikmeot est un documentaire sur la culture Inuit mais plus particulièrement sur l'art bien particulier qu'est la sculpture de pierre à savon, qui est sans aucun doute la représentation identitaire la plus connu de ce peuple. Ce film se veut donc présenter le cas d'un sculpteur; on y suit Inuk dans l'ensemble des démarches précédant mais aussi en lesquelles consistent la sculpture de son nouveau chef d'oeuvre.

Si ce documentaire semble des fois un peu stéréotypé, ne donnant qu'un regard de surface sur la réalité de vie des Inuits ou encore des défis que représentent réellement une sculpture aussi spécialisé, le résultat du film reste tout de même d'intérêt. À écouter si vous voulez en apprendre un peu sur les subtilités de ce travail de maître mais évidemment, sans vous faire trop d'attente.

jeudi 21 mai 2009

Star Trek, l'avenir est en marche: 6/10


Je n'ai jamais été un grand amateur des produits Star Trek, que cela soit pour les séries, les films et encore moins pour tous les colifichets ou figurines débiles que les fanatiques de la série semblent utiliser comme signes religieux sacrés. Une fois ce fait précisé, je dois tout de même avouer que j'étais plutôt curieux de ce que ce dernier tome valait et je dois avouer ne pas avoir été trop déçu.

Star Trek, l'avenir est en marche est la génèse de la série Star Trek. C'est l'histoire des débuts du capitaine Kirk et de son équipage. Le film nous montre pourquoi Kirk devint le capitaine tel que les autre séries nous l'ont présenté, comment il rencontra Spock, Chekov, Uhura, McCoy et tous les autres. Tout cela en, évidemment, sauvant le monde pour une énième fois.

Le résultat du film n'est pas mauvais, assez drôle et plutôt divertissant. Le jeu d'acteur fait le travail, le montage est assez efficace et l'action soutenue. De plus, bien que plusieurs clin d'oeils soient lancés aux Trekkies, le tout reste bien accessible pour les illettrés du monde de Star Trek. Il est toute fois bon de noter que le film possède aussi certaine lacune, que le tout souffre régulièrement d'incongruité (le fait que ça soit de la science fiction n'excuse pas tout) et que si le départ est canon, la deuxième moitié du film nous laisse un peu sur notre appétit. En gros, il vaut le déplacement mais pas de quoi crier au génie et encore moins de quoi faire de moi un Trekkie.

vendredi 15 mai 2009

Un été sans point ni coup sûr: 5/10


Un été sans point ni coup sûr est une histoire de baseball, de famille et de société qui change. Cette comédie dramatique (à sauce sentimentale) de Francis Leclerc est une ode à une époque révolue; les années 60 et l'émergence des conséquences sociales de la révolution tranquille.

L'histoire du film tourne autour de trois thèmes principaux: le baseball, la famille et les changements sociaux amenés par la révolution tranquille. Tous ces thèmes sont traités au travers de l'histoire d'un jeune garçon, de son amour grandissant pour le baseball, des défis auxquels font faces ses parents dans leur relation de couple. C'est aussi évidemment l'histoire du Québec de "l'après noirceur", vivant non sans friction les grands changements de l'époque. Cependant et avant tout, c'est une histoire de jeunes voulant jouer au baseball mais n'ayant pas le niveau voulu afin d'intégrer l'équipe du quartier: "les aristocrates".

Quoi dire de plus à propos de ce film? Pas grand chose sinon que sans être bien méchant, il passe tout de même à côté de la "track". Par là, je veux dire que bien qu'aillant un sujet intéressant, le résultat ne tient pas la route. Par exemple, le jeu d'acteur est franchement mauvais (sauf pour Patrice Robitaille), le texte manque complètement de naturel et certaines scènes sont incongrues face au fil général de l'histoire, le tout semblant parfois se contenter de faire une rétrospective de l'époque, perdant en chemin complètement le fil de la trame narrative.

N'exagérons rien, le film se suit bien et n'est pas mauvais, certaines blagues et commentaires sociaux réussissant à faire mouche. Par contre, il est clair qu'à force de faire des clins d'oeil aux "baby boomers", le film prend parfois un aspect de diapositive qui ne le sert pas bien. Autrement dit, film divertissant mais qui se limite un peu trop à un rôle de carte postale pour génération nostalgique...

lundi 11 mai 2009

Le goût des autres: 7,5/10


Le goût des autres, une comédie dramatique d'Agnès Jaoui (à ne pas mélanger avec une affaire de goût), est un brillant petit film portant accessoirement sur l'amour et la romance mais principalement sur les classes sociales, l'éducation, la perception de soi et des autres, ainsi que l'utilisation de la généralisation et du stéréotype.

Pour ce qui est de l'histoire et bien disons simplement que c'est celle des relations amoureuses de trois hommes et de trois femmes mais particulièrement celle d'un entrepreneur dans la quarantaine et en pleine remise en question. Le dit Castella, entrepreneur ayant très bien réussi mais sans goût, se trouve vouloir changer sa vie du tout-au-tout, suite à une surprenante visite au théâtre, univers qu'il ne connaissait pas du tout auparavant.

Le film a donc une histoire plutôt simple mais qui permet de développer plusieurs concepts intéressants et pertinents, ce qui en fait une réflection sociale on ne peut plus valable. De plus, l'humour n'y est pas mauvais et le jeu d'acteur très bon. Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui (oui, la réalisatrice joue dans son propre film) sont très bons et Anne Alvaro est tout simplement excellente (on peut absolument tout comprendre par la simple force de ses regards). Définitivement, cette très bonne comédie dramatique d'Agnès Jaoui est exactement ce qu'il faut afin de sortir de sa bulle et se souvenir que le monde ne peut être contenu et compris par un seul petit esprit.

mercredi 6 mai 2009

Le Pakistan dans le brouillard du Chaos


La question se pose: où s'en va le Pakistan? Le pays semble, après avoir courtisé l'extrémisme religieux durant tant d'année, être mis à mal par les mouvements Talibans. Suite à différents événements démontrant l'incertitude sur l'équilibre politique même du pays, cette situation devient une question préoccupant gravement les puissances de la planète mais ne semblant étrangement pas éveiller d'intérêt particulier au sein de l'élite corrompue de la politique pakistanaise.

Je sais que la question peut sembler d'intérêt secondaire pour tout bon occidental qui a de la difficulté à suivre ce qui se passe au niveau local et en a déjà plus qu'assz d'entendre parler de problèmes ayant lieu au Moyen-Orient. Malheureusement, la situation actuelle nous concerne tous, que nous soyons Nord-Américains, Européens, Indiens ou Chinois et voici pourquoi.

La situation du Pakistan nous concerne tous pour de multiples raisons et entre autre, parce deux éléments particulièrement dangereux s'y trouvent: les Talibans et la bombe nucléaire. Pire encore, la situation dramatique actuelle du pays laisse entrevoir la possibilité que ces deux éléments puissent un jour être réunis, ce qui rendrait la simple vie au jour le jour, plutôt difficile pour toute nation sur la planète.

Suite à cette longue et pénible justification sur l'intérêt de ce sujet, une autre question se pose: que ce passe-t-il exactement au Pakistan, pour que je me mette à crier au loup de la sorte? La réponse n'est pas si simple mais disons que les dirigeants du Pakistan, après avoir fomenté le chaos et l'extrémisme durant des décennies, se trouvent maintenant dans une situation où le monstre qu'ils ont créé se retourne contre eux.


Autrement dit, le gouvernement pakistanais, ainsi que l'armée et les services secrets, ont tellement aidé le développement des djihadistes de tout acabit (particulièrement les Talibans), afin de pouvoir faire leurs petites guerres sans avoir à se mouiller, qu'ils se retrouvent maintenant intoxiqués par ces extrémistes. En voulant combattre l'Inde, pour les territoires du Kashmir mais aussi en essayant de contrôler l'Afghanistan (que le Pakistan considère comme un état vassal), le pays en est venu à se développer des milices islamistes qu'il pensait pouvoir éternellement contrôler mais sans pour autant avoir à subir les conséquences des actes.

La conséquence évidente que l'on peut maintenant observer est que le Pakistan a perdu le contrôle de ces milices, que ses institutions sont maintenant infiltrées par les extrémistes et que les Talibans semblent avoir la ferme intention de mettre la main sur l'ensemble du pays. Évidemment, le gouvernement a récemment essayé de combattre, puis de négocier, puis de combattre et encore de négocier mais la seule chose qui soit certaine, c'est que les Talibans deviennent de plus en plus fort et que le gouvernement pakistanais semblent démunis face à ce terrible fils rebelle.

On peut toujours espérer que le développement des derniers jours; que le gouvernement pakistanais a essayé de confronter directement les troupes talibanes, aura des répercussions positives. L'armée pakistanaise parviendra-t-elle vraiment à déloger les Talibans de la vallée de Swat ou encore des terres tribales? Permettez moi d'en douter; la chose ayant déjà été tenté auparavant, aucun résultat positif digne de ce nom n'ayant jusqu'ici été remarqué.

Cette situation catastrophique a plus d'une raison de nous alarmer, car plus les Talibans approchent d'Islmabad, plus ces parias internationaux se rapprochent d'armes nucléaires et de missiles afin de projeter la destruction au quatre coins de la planète (je ne suis pas un spécialiste des capacités balistiques du Pakistan mais je ne serais pas étonné que celles-ci soient comparables à celles de la Corée du Nord; autrement dit, que leurs missiles aient une portée de quelques milliers de kilomètres et puissent au moins atteindre l'ensemble de l'eurasie).


Il faut donc comprendre que si jamais l'éventualité d'une prise de contrôle talibane d'armes nucléaires se produisait, plus aucune puissance mondiale ne se sentirait en sécurité (les Talibans n'étant pas les acteurs politiques les plus rationnels), provoquant possiblement des frappes préventives sur le Pakistan. Autrement dit, dans une telle situation, des pays tel l'Inde, la Chine et les États-Unis pourraient voir comme étant de leurs intérêts vitaux de frapper rapidement les sites nucléaires pakistanais, afin de s'assurer que jamais la puissance nucléaire du pays puisse être utilisée par les Talibans ou Al-Qaeda. Ai-je besoin de vous préciser que ce scénario est loin d'être impossible (bien que peu envisageable pour le moment) et que les conséquences d'une telle suite d'événements pourrait littéralement remettre en question l'existence même des différentes civilisations humaines (on parle ici d'armes nucléaires!!!).

Évidemment, vous trouverez sans doute que j'exagère un brin et j'espère moi aussi que ça soit le cas. Après tout, il est encore bien possible que le Pakistan reprenne ses propres rennes en main et qu'elle foute enfin la volée que les Talibans méritent, évitant ainsi tout aventurisme concernant ses stocks nucléaires. Cependant, n'imaginez pas que mon scénario catastrophe ne soit issue que de mon imagination; tout pays se doit, avant tout, de protéger sa population, ce qui concerne même des frappes préventives excessivement dangereuses, car la possibilité alternative seraient tout simplement encore plus catastrophique.

mercredi 29 avril 2009

La stagnation de Montréal


Avec un Maire mou et sans vision, ainsi qu'une incapacité à accomplir de grands projets ou revitalisations d'ensemble, la métropole du Québec semble plus que jamais dans l'impasse.

J'étais en train de réfléchir à ce sujet lorsque je suis tombé sur cet article de la Presse: La déroute d'une métropole, écrit par un ancien conseiller en relation publique de la Mairie de Montréal, Félix-Antoine Joli-Coeur. C'est ce qui m'a donné le courage de publier ce constat: Montréal n'est plus l'ombre de ce qu'elle était et s'embourbe, semble-t-il, sans fin et cela depuis au moins trois décades.

Voilà, la bombe est lancée!

J'entends déjà les cris d'indignations: Qu'est-ce que ça veut dire? Montréal est loin d'être une ville morte! Encore la guéguerre Québec-Montréal, qu'est-ce qu'ils ont ces frustrés de québécois (ptit criss de village de région)? Ou encore (pour ceux qui sont un peu plus posés): Montréal est la deuxième métropole canadienne et peut-être le premier centre culturel du pays, comment pourrait-on dire qu'elle s'embourbe ou stagne depuis trois décades?

Précisons d'emblée que je ne veux nullement diminuer le potentiel de notre métropole et encore moins mettre à mal sa population (il vaut mieux faire attention, ils sont délicats ceux-là). Mon point est plus simple et beaucoup moins provocateur: Montréal est comme un jardin laissez à l'abandon; plein de potentiel et de plantes superbes mais manquant gravement de jardinier afin d'y donner une vision d'ensemble.

Je sais bien qu'en donnant un point de vue aussi général, il est certain qu'on me dira que j'exagère ou que je ne connais tout simplement pas Montréal. Très bien, peut-être que j'exagère et il est certain que je ne connais pas bien la ville du Mont Royal mais ça ne m'empêche pas d'analyser deux ou trois choses sur cette ville. D'autre part, si je manque des points importants, n'hésitez pas à me le dire, ça ne fera que rendre le tout plus intéressant!

Premièrement au niveau économique (je vous rassure, je n'irai pas trop en profondeur), la ville n'est tout simplement plus ce qu'elle était et depuis trente ans, ne fait que déléguer, pièce par pièce, tout son pouvoir économique à des villes plus dynamiques, telle Toronto mais aussi Vancouver, Calgary et Ottawa. La taille de l'économie de la ville fait du surplace, même chose pour le pouvoir d'achat de ses habitants, sa bourse n'est plus que l'ombre d'elle même et tous les sièges sociaux d'entreprises se déplacent vers Toronto (même la Banque de Montréal est devenue torontoise...). Autrement dit, les grosses entreprises n'émergent plus de Montréal (à l'exception de Bombardier), pas plus que les nouvelles idées entrepreneuriales ou nouveaux produits (l'industrie du jeu d'ordinateur c'est bien mais pas de quoi transformer la ville). Autrement dit, au niveau économique la ville est en train de tranquillement s'effacer et si elle continue dans la même direction, il est vraiment à se demander ce qu'il restera d'elle dans trois autres décennies.

Deuxièmement au niveau démographique: là aussi la ville a pris du retard par rapport à sa situation des années 60 ou même 70. En effet, au début des années 60, Montréal était toujours la métropole canadienne, ayant une population aussi importante que celle de Toronto mais aussi l'avantage d'avoir un ensemble hétérogène; formé par une longue histoire avec l'immigration et étant une des rares villes à être bilingue à son coeur même. Ce mélange bien particulier (nombre, diversité et bilinguisme, couplées à la jeunesse de sa population) donnait à Montréal une vitalité bien particulière. Il est toujours vrai qu'aujourd'hui la moitié du Québec réside dans la région de Montréal, ce qui est loin d'être négligeable. Malheureusement depuis une trentaine d'années, une bonne partie de l'élite anglophone a quitté la ville, disparaissant avec leurs connaissances et leur instinct entrepreneurial. Aussi, la population de l'île a tranquillement stagnée (bien que se rependant dans les couronnes sud et nord), n'arrivant pas à suivre la croissance des grandes villes nord-américaines. Finalement, toujours selon les standards nord-américains, la région de Montréal est devenue âgée, perdant du coup une partie de son dynamisme. On voit donc que là aussi, l'avenir de Montréal est plutôt morne.


Troisièmement au niveau de la culture et de la connaissance: c'est certainement le point fort de la ville, car après tout, une bonne partie de sa réputation actuelle tient avant tout compte de son dynamisme culturel. De plus, la ville possède plusieurs institutions universitaires, dont la très prestigieuse McGill. Cependant, même au sein de se terreaux fertile, tout ne va pas pour le mieux. Par exemple, s'il est vrai que Montréal est dynamique au niveau de la culture et que le reste du Canada semble bien plat en comparaison, il ne faut pas négliger les progrès que Toronto a fait en le domaine. Là où Montréal n'avait pas de compétiteur canadien il y a une ou deux décennies, Toronto la suit désormais de près et cela, à tout les niveaux (musées, orchestre, festivals, etc.). De plus, si la métropole québécoise reste un endroit où la connaissance a sa place, le décrochage scolaire met a mal les perspectives d'avenir de la ville et il ne faut pas non plus oublier les grands échecs de certaines de ses institutions universitaires. L'UM n'est pas particulièrement glorieuse (si on oublie le HEC) et l'UQAM semble prise dans un cycle destructif sans fin... Autrement dit, peut-on vraiment espérer que Montréal reste chef de peloton alors que la compétition devient de plus en plus féroce et que certains des atouts de la ville semblent paralysés? Qu'est-ce qui viendra changer la donne: le quartier des spectacles? Justement...


Quatrièmement, les finances et grands projets: Ce point est un des plus négatifs pour la ville car depuis quelques années, les finances de la ville sont dans le rouge et les grands projets souffrent d'une immobilité totale. Premièrement les finances: 7 milliards de dette, ce qui revient à un coût annualisé brut des intérêts de près de 850 millions de dollars (ou 21% du budget de la ville). On parle ici d'une charge, qui si elle n'est pas complètement écrasante, reste extrêmement gênante pour la ville. En effet, difficile de trouver de l'argent de surplus, afin de penser aux nouveaux projets de développement de la ville, lorsqu'une bonne partie de ses revenus est immobilisée par le paiement des intérêts de la dette.

Deuxièmement et c'est évidemment le sujet de l'heure, la ville ne réussit plus à réaliser ses grands projets et semble décidément corrompue et sans imagination. Soyons honnête: quel est le dernier grand projet entreprit et réussi par la ville de Montréal? L'expo 67? D'accord, j'exagère et n'ai pas vraiment fait de recension sur le sujet mais le portrait, même gribouillé, reste accablant. Le maudit super hôpital ne semble jamais vouloir voir le jour, l'extension du métro vers Laval a coûté le double ou le triple de ce qui était prévu (rendu à ce point là, je ne compte plus), le SHDM est un vol à ciel ouvert, l'affaire des compteurs d'eau ne fait qu'empirer de jour en jour (jetez un coup d'oeil sur au moins un des ces trois articles: Boisvert, Ouimet et Noël), la construction d'autoroute ou même seulement de bretelle d'autoroute est devenu un projet pharaonique, certains envisages que le quartier des spectacles va se transformer en éléphant blanc (oui, ça nous ferait tout un spectacle!) et soyons honnête, la piètre gestion des jeux olympiques de 76 fait encore mal à la ville (et à la province) 30 ans après... À ce niveau là, on comprend facilement que Montréal a un gros problème (quel qu'en soit la raison) et qu'elle devra être très imaginative pour trouver un moyen de contourner cette grande incapacité.


Cinquièmement au niveau de la gouvernance: Le dernier point que je veux toucher et qui est, d'après moi, le plus grand problème de la ville, est son échec TOTAL au niveau de la gouvernance. Oui, cette ville semble ni plus, ni moins qu'abandonnée à elle même; personne ne sachant ce qui s'y passe, aucune institution cohérente n'étant en place afin de contrôler la situation. C'est donc une crise à deux niveaux, d'un côté l'échec total du leadership de la ville et de l'autre la situation lamentable créée par les fusions-défusions. Sérieusement, quelqu'un peut-il me dire qui a été le dernier grand maire de Montréal? L'actuel Tremblay est une montagne d'incompétence, Bourque n'était guère mieux, Doré n'avait aucune vision et le "roi" Drapeau est rapidement sombré dans une catatonie navrante après un départ canon. Autrement dit, cela fait près de 40 ans (et je ne remonte pas plus loin) que la ville est dirigée par une classe politique défaillante. Je veux bien croire qu'une hirondelle ne fait pas le printemps et qu'un maire ne fait pas tout dans une ville mais tout de même... Pire encore, quel est l'avenir de la direction de la ville: encore une fois Tremblay ou est-ce qu'une petite dose de Labonté prendra la place? Finalement, la situation administrative chaotique de la ville, avec tout ses maires d'arrondissement et ses structures se superposants, ne présage rien de bon pour l'avenir de Montréal.

Ouin, ouin, ouin... Hum, hummm... Pas rose tout ça... Évidemment, on en arrive à la fin de ces différents points et on ne peut qu'avoir deux conclusions qui nous viennent à l'esprit: premièrement qu'il est indubitable que Montréal a perdu des plumes, ce qui est une mauvais nouvelle pour n'importe quel québécois. Cependant, on peut aussi en arriver à la conclusion que je suis vraiment trop pessimiste dans mon analyse; à trop vouloir comparer, je passe à côté de plusieurs transformations positives et impressionnantes que la métropole a pu générer lors des dernières années. À cela je répondrai que c'est peut-être vrai (en fait, c'est sûrement vrai) mais le but de cet article est de conscientiser à propos de ces problèmes et non pas de congratuler dans l'inaction. Peu importe l'évaluation du degré des problèmes auxquels la ville fait face, tout le monde s'entendra sur le fait que tout ne roule pas pour le mieux sur la butte du Mont Royal!

Car si la ville possède de grandes forces et malgré tout ce que j'ai pu dire auparavant, elle en a, il est tout de même certain qu'elle a un grave problème d'organisation et de gouvernance. C'est en effet ce point que je trouve le plus dangereux pour l'avenir de la métropole. C'est un fait, l'accumulation anarchique; bureaucratique et politique, montréalaise est un désastre. Et si l'économie et la vie culturelle peuvent continuer à se développer, malgré cela, bon an, mal an, ça devient vraiment problématique quand les institutions politiques non-seulement n'aident pas le développement mais en plus y nuisent.

Ce qui me mène à me demander: même s'il y avait un renouveau phénoménale de créativité dans tous les domaines, comment un tel bouillonnement pourrait-il être entretenu et ne pas être gâché sans une direction logique et efficace à la tête de la ville? Voilà donc pourquoi il est essentiel que les montréalais réforment ces systèmes malsains et exigent un monde politique plus conséquent. Si de telles choses peuvent être faites aujourd'hui, on peut espérer que dans trente ou quarante ans, ce ne sera pas Montréal qui aura à faire face au constat de ses échecs.

mardi 28 avril 2009

Mauvaise grippe mais bon coup pour le Mexique


Je commence en précisant que moi aussi, je commence à en avoir assez de cette phobie généralisée, qui semble particulièrement générée par des médias en besoin de sensationnalisme... Loin de moi l'idée de suggérer que cette crise n'est pas sérieuse mais simplement: pourrait-on traiter les choses dans leur contexte? Il n'y a même pas encore eu de cas au Québec que déjà on prépare les fosses communes! Enfin, c'est ce qu'on devrait faire selon TiViAh ahahah.

Donc, si je n'ai pas envie de contribuer au vent de panique, pourquoi est-ce que j'en parle? Simplement parce que j'ai envie de féliciter les mexicains pour leur bonne gestion de la crise. Car si ils ont eu la malchance de voir ce virus se développer au sein de leur territoire, rien n'empêche de les féliciter pour leur sens des responsabilités face à la gestion de la crise.

Dès qu'ils ont pris conscience de l'ampleur du problème, le gouvernement s'est mis à distribuer des masques et médicaments, a interdit tous les rassemblements publics (ce qui tient jusqu'à nouvel ordre) et a surtout été excessivement transparent face à la progression du virus et de la crise en générale.

Vous pourrez toujours dire que c'est la moindre des choses, que d'être transparent avec la communauté internationale dans une telle situation mais je vous rappellerai que face à une situation similaire (SRAS), la Chine avait plutôt essayé de dissimuler le problème, lui permettant ainsi d'enfler et de se répandre aux quatre coins de la planète (et ainsi de causer bien des problèmes au Canada)...

Tout ça pour dire BRAVO au Mexique, je crois qu'il est formidable de voir cette jeune démocratie progressivement prendre ses responsabilités à l'interne comme à l'externe, que cela soit de faire face aux problèmes amenés par les narco-trafiquants ou encore ceux propagés par un dangereux virus.

dimanche 26 avril 2009

L'étranger


Comme vous pouvez vous en douter, j'essaye de continuer mon rattrapage sur toutes les oeuvres qui, semblerait-il, sont essentielles pour la formation personnelle de tout individu. L'étranger de Camus semblait donc être une suite logique dans cette voie. Et... Je dois dire que malgré le nihilisme très marquant de l'oeuvre (ce qui a habituellement tendance à profondément m'irriter), j'ai beaucoup apprécié ce court mais marquant roman.

En fait, ce qui m'a le plus marqué dans ce roman est son extrême simplicité. Je ne parle évidemment pas ici de la "simplicité" du sujet, car la réflexion faite sur la justice, le bien et le mal, la relativité des buts de l'existence, ainsi que sur la socialisation des individus, représente une somme ne pouvant certainement pas être considérée comme simplette. En fait, lorsque je parle de simplicité, je parle plutôt de la forme utilisée pour le livre; l'écriture est simple, les phrases courtes, les définitions efficaces (sans chercher à être grandiloquentes) et le tout, relativement court. Autrement dit, j'ai l'impression d'avoir découvert en Camus, une version francophone d'un Hemingway. Traitement simple et accessible de questions on ne peut plus profondes... Je tiens cependant à me répéter afin de préciser que ma comparaison entre Camus et Hemingway ne se veut pas comme voulant faire le lien entre les idées respectives des deux auteurs (qui ne pourraient être plus opposées) mais plutôt simplement au style efficace des ces deux auteurs.
 
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